La devinette de Timothine (5)
Qui sont ces empereurs Romains revenus des temps anciens pour Mardi-gras ? Leurs accessoires sont autant d'indices pour vous aider à deviner qui est qui…
Qui sont ces empereurs Romains revenus des temps anciens pour Mardi-gras ? Leurs accessoires sont autant d'indices pour vous aider à deviner qui est qui…
Houloulou !!! Je m'aperçois que j'avais complètement oublié de vous transmettre la suite de mes aventures trépidantes avec le Boucher Barbier !!! Voilà la troisième et dernière partie de cette histoire absolument véridique.
Pour le début, c'est par ici :
Un jour, cependant, je me suis vue contrainte et forcée d'entrer dans ce lieu de perdition : la boucherie. Nous recevions mon père pour le déjeuner, je revenais du marché mais j'avais oublié d'acheter de la viande, et il était trop tard pour retourner au centre-ville. Au téléphone, Nours m'admonesta alors de passer à la boucherie, afin de recevoir dignement son beau-père à notre table. A la boucherie ? Pourquoi diable aller à la boucherie, je voulais juste acheter de la viande ! Bon gré, mal gré, il fallut se soumettre à la voix de la Raison et de mon Nours qui commençait à trouver que j'exagérais quelque peu.
C'est ainsi que je fis mes premiers pas dans l'univers sanglant de la boutique du BOUCHER BARBIER.
La file d'attente était longue, j'en étais seulement à l'entrée de la boutique; j'en profitais donc pour lire les noms des morceaux présentés sur l'étal, et tenter de faire un choix avant l'instant fatidique du “Madame, bonjour ?”
C'est alors que je compris que ma dernière heure était arrivée. Je ne comprenais aucun des mots inscrits sur les étiquettes; tous les morceaux portaient des noms mystérieux : rouelle, onglet, rognons, paupières paupiettes, grenadin, médaillon, pâté de tête… Sans parler du concentré de sang boudin et autres cervelles…et qui plus est, tout avait un aspect étrange et inconnu; rien ne ressemblait à ce que j'ai l'habitude de trouver dans mon assiette, et qui pour moi porte le nom de “viande”.
Je commençai à me décomposer, à me liquéfier, je savais que la Question allait venir, “Madame, bonjour ?”, et je ne saurais pas répondre, alors j'aurais une mauvaise note, je serais punie, le boucher barbier m'emmènerait au piquet dans l'arrière boutique, et là je subirais mon dernier supplice avant de finir sur l'étal avec les autres pauvres écervelés comme moi et, et…
Voilà ce qui serait sans doute arrivé si je n'avais eu la vision soudaine et salvatrice d'une étiquette portant la mention “bifteck” !!! Un second coup d'oeil me montra un morceau d'aspect normal, bifteckal, quoi qu'un peu épais, mais je compris ensuite que le boucher allait y découper des tranches. Enfin un mot que je comprends, enfin un morceau que je connais !
Eperdue de soulagement, c'est avec fierté que je répondis alors à la Question :
“Trois tranches de bifteck, s'il vous plaît !
- Et avec ceci ?”
Ca, ça veut dire : “Bonne réponse ! vous êtes reçu à l'examen, mais vous pouvez encore augmenter votre NOTE en répondant à cette deuxième question !”. Quitte ou double, en quelque sorte. Pour moi, c'était quitte, definitely, thank you.
“Ce sera tout, merci.”
Je sortis indemne de chez le BOUCHER BARBIER, pourvue en outre de trois belles tranches de bifteck; comme dit Nours, heureusement que ce n'est pas un BARBIER BOUCHER : il rase peut-être ses boeufs, mais ne charcute pas ses barbus !
Plus tard, Nours tenta un apprivoisement progressif : nous entrions ensemble dans la boucherie, à deux on est plus forts ! et il m'apprit également que le boucher vend aussi des choses comme la choucroute, ou du jambon, ce qui est nettement plus clair et appétant pour moi que “rougnougnolles” ou autres finesses de notre gastronomie française.